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Mercredi 26 décembre 2007

        Avant, Eric « God » Clapton était alcoolique et cocaïné jusqu'aux yeux. Ensuite, il s'est soigné, et est devenu vieux, donc sobre. Depuis, pour aider tous ceux qui souffrent d'addiction, il a ouvert un centre, à Antigua dans les Caraïbes : le centre Crossroads. Clapton dit lui-même que si ce centre avait existé dans les années 70 et avant, nombre de ses idoles ne seraient pas mortes. Un centre ça nécessite des fonds pour fonctionner, et Clapton organise des concerts pour cela : la tournée Clapton and Friends en 1988, puis le premier festival Crossroads en 2004, puis en 2007.

 

crossroads.jpg L'objet de cette chronique est de vous raconter le Crossroads 2007, dont le DVD a miraculeusement atterri dans mes mimines à Nowel. Le principe d'un festival Crossroads? Clapton prend son téléphone, et appelle tout ce que le monde anglo-saxon compte de gratteux émérites. Ensuite, tout ce beau monde se retrouve sur scène, pour s'éclater sur des standards ou des titres perso. Tout l'éventail de la musique à base de 6 cordes est représenté : blues, of course, mais aussi jazz, et folk-country. La règle d'or de Crossroads : plus il y a de légendes sur scène et en même temps, mieux c'est. En vrac, pour l'édition 2007, citons : Albert Lee, Jeff Beck, Robert Cray, BB King (qui sait toujours pas jouer et chanter en même temps), Jimmy Vaughan, Buddy Guy, Hubert Sumlin, Vince Gill, Willie Nelson, et le très cadavérique Johnny Winter (jamais vu un cadavre jouer aussi bien de la slide !), Robbie Robertson qu'on a sorti du placard, Steve Winwood et Clapton himself. Notons la présence de quelques « jeunes » : l'excellent John Mayer, Doyle Bramhall II. J'ai aussi eu la surprise de voir une guitar-hero féminine en la personne de l'inconnue Susan Tedeschi.

 

Pour tout dire, ce festival est assez énorme musicalement parlant. De la Fender à tous les étages, des techniciens hors pairs, un set hallucinant de Clapton et Winwood. Notons particulièrement la bassiste de Jeff Beck, qui doit avoir 17 ans grand maximum et la maitrise de Juan Nelson, et BB King qui oublie les paroles de sa propre chanson et distrait le public en parlant de Clapton (qui en a les larmes aux yeux). Je retiens aussi Sheryl Crow, Albert Lee et Willie Nelson pour la démonstration que les chanteurs country savent aussi se démerder à la guitare.

Enfin, le final dantesque sur Sweet Home Chicago. On stage, s'il vous plait : Clapton, Cray, Guy, Vaughan, Mayer, Winter et Sumlin. Sept guitaristes, sept solos de musiciens qui s'éclatent ensemble : en somme, le parfait résumé du festival.

 

Bon alors c'est vrai que le concert dure 4h, et que 4h de solo bluesesque, ça peut énerver à force de technique. M ais à part pour 1 ou 2 titres, je n'ai pas zappé. En conclusion donc et je me répète, un concert énorme.

Par PieRRe
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Jeudi 6 décembre 2007

renaud.jpg      Hier, le dernier DVD de Renaud en Concert est arrivé chez moi. C'est la tournée Rouge Sang, succedant à l'album du même nom. Pour un fan, l'arrivée de la nouvelle production d'un artiste c'est toujours un moment spécial. Surtout que là, j'ai assisté à un des concerts, le dernier, et on était 80 000, en plus. C'est difficile de mettre des mots sur les sensations du fan. Etre fan, c'est sans doute aller regarder tous les jours dans la boîte aux lettres à partir du moment où le dividi est commandé, c'est la petite appréhension à chaque fois qu'on l'ouvre (la boîte à lettres). Etre fan, c'est une fois le dvd arrivé, faire bien attention à pas regarder la track list, pour faire comme si c'était le concert en vrai, et garder la surprise. Etre fan, c'est être tout excité avant d'appuyer sur le bouton ''lecture''. Renaud, c'est très spécial, je l'écoute depuis que je suis tout petit (1989 pour être précis), donc écouter un concert, cela renvoie à chaque chanson à quand j'étais petit. Je dois sans doute en grande partie à Renaud de n'être pas devenu un sarkoziste précoce ou un socialiste poussif. Il faut dire qu'écouter hexagone, Où c'est que j'ai mis mon flingue à 6 ou 7 ans, puis déserteur ou la médaille, ça marque, même si je n'est compris les paroles que bien plus tard!!

Revenons au fan. Le fan, quand il reçoit un dvd, il s'assoit devant et il ne fait que ça prendant 2h. Le bouton play donc. Le décor est énorme, toits de Paris façon vieux quartiers. Ambiance de synthés, Malone commence. Première chair de poule. Premier PICT0158.JPG point : la voix du chanteur énervant est pratiquement redevenue ce qu'elle était avant les années 90 : pourrie, mais pourrie-normale. Deuxième point : le frangin ressemble de nouveau à quelque chose , presque oublié le visage bouffi. Enfin troisième point, Renaud et les zikos s'amusent sur scène, et ça se voit. Les arrangements sont terribles, et c'est une bonne idée que de revoir Geoffrey Richardson. Le violon, la flute et l'accordéon apporte une touche inimitable à ses chansons.
Renaud parle beaucoup pendant le concert, n'oublie pas de taper sur ces victimes habituelles : le Paris-Dakar (500 connards...), les militaires (La médaille, sublime pamphlet pacifiste). Le fan que je suis est bien présent : je chante sur toutes les chansons, je tape dans mes mains comme un con, et j'ai même envie de sauter en l'air sur mon lit... Renaud a toujours été un homme de combat, et il l'est encore : Ingrid Betancourt (Dans la jungle), la sublissime Ballade Nord-Irlandaise. Le moment le plus émouvant du concert est sans conteste Elsa, sa plus belle chanson depuis Mistral Gagnant. Chanson sobre : piano-violon, hommage à une de ses amis dont le frère de 20 ans c'est suicidé. Beau à en pleurer. Renaud n'est pas mort, et il sait toujours écrire. Deuxième moment émotion : Manhattan-Kaboul, la partie d'Axelle Red assurée par le public. Pour l'avoir vécu du dedans, ça fait quelque chose...Au milieu du set, premier medley : il est consacré à sa fille Lolita. Superbe hommage à celle qui a traversé tous ces disques, même si pour une fois, on n'aura pas Mistral Gagnant en entier. Puis vers la fin, deuxième medley, en écho au débat qui a poursuivi Renaud au début de sa carrière : qu'est ce qu'il connaît aux loubards ce fils de bourgeois?? Medley « banlieues » donc. Principalement que des vieilles chansons ( la tire à Dédé, Les Charognards, la Bande à Lucien, dans mon HLM), tout seul à la gratte, les musiciens ayant été se coucher. Puis c'est la même que depuis 10 ans : il commence Hexagone tout seul, rejoint progressivement par tout l'orchestre. Je suis dans le même état que le public : envie de gueuler les paroles (criantes de vérité), de sauter en l'air, de taper dans mes mains. Le violon donne un ton de guinguette, impossible de ne pas bouger. Puis il s'en va, pour la deuxième fois déjà. Les trois dernières chansons s'enchainent alors : son bleu (tellement beau), dès que le vent..., très dansant aussi et, pour finir, Rouge Sang, très belle charge contre la corrida.

 

Le dvd s'achève, je suis ailleurs. Yeux perdus dans le vide. Ce concert m'a beaucoup plus plus que le précédent : question de voix d'abord, et de chansons ensuite. J'ai plus apprécié Rouge Sang que Boucan d'Enfer. Paroles plus incisives, textes plus intéressants. Bien sûr, quelques bémols : peu de très vieilles chansons, pas mal de vieilles et beaucoup de récentes, quelques pins dans la voix, et encore trop de guitare slide, même si « Titi » Buccolo s'est un peu calmé cette fois-ci. Mais globalement, les arrangemens sont très bons (très bonne section rythmique guitare-basse-batterie). Je me répète, mais merci au violon!! Une chose est sûr, je vais le re-regarder de ce pas!!

 

 

« Maréchaux assassins sur bustes d'airain, vos poitrines superbes,

Vos médailles ne sont, que fientes de pigeons, de la merde »

Par PieRRe
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