Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat
Au début est Koyuki, le héros. Quatorze ans, petit, seul et timide. En plus, niveau musique, c'est pas terrible : il est fan de la Britney-Lorie Japonaise, c'est dire. Et un jour sa vie change. En effet, il rencontre Beck. Pas l'homonyme, pas Jeff, non. Beck est un chien complètement rapiècé dont Koyuki croise la route. Son ci-devant propriétaire est un jeune Japonais de 16 ans, Ryusuke, qui, pour remercier Koyuki, lui prête une K7 du groupe américain Dying Breed (parfaite métaphore de Nirvana). Pour notre héros, c'est le choc (un peu comme la première fois où on entend Wish You Were)... Il se dégotte un prof de guitare, une guitare et décide d'apprendre à en jouer. Il se révèle un excellent musicien, et va rejoindre le groupe de Ryusuke, Beck (aussi). Ryusuke est un effet un guitariste virtuose, qui joue sur une Gibson Les Paul prénommée Lucille (Remind you of something?). Le manga va alors suivre les tribulations, les hésitations, l'apprentissage ainsi que les combats de ce groupe.
Sur cette première trame, s'en grefferont 2 autres. D'une part les aventures de Ruysuke, qui cache un passe un passé assez sombre. Nous croiseront donc un producteur assez inquiétant, au physique de Don King, un groupe de rock assez destroy et un sosie de Snoop DoG. D'autre part les aventures sentimentales de Koyuki, normal. Ryusuke a en effet une jeune soeur, Maho, et celle-ci a un caractère diamètralement opposé à celui-ci de Koyuki. Il va donc en tomber amoureux (logique) et essayer de s'adapter au mode de vie tumultueux ainsi qu'au caractère de la tornade Maho. Et cette trame sentimentale n'est même pas niaise, alors!!
Ce manga est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord il montre que les Japonais sont fascinés par la musique et le rock, et la musique rock occidental en particulier. Le manga est bourré de références, au fur et à mesure que Koyuki découvre cette culture : Beggars Banquet qui tourne dans un autoradio, anecdotes dispersées un peu partout. Par exemple, dans un rêve que font chacun des membres du groupe : une multitude de légendes apparaissent, et c'est l'occasion pour l'auteur de nous faire partager son Panthéon personnel : Hendrix, Queen, Marley, Vicious, Morello etc. Ou aussi en faisant participer le groupe au Great Sound Summer Festival,qui rappelle les gros festivals de rock qu'organisent les Japonais. Enfin dernier clin d'oeil : chaque 4ème de couverture est un pastiche de pochettes d'album :
De plus même si l'action se situe au Japon, l'histoire parfaitement décrit à travers l'évolution de ce groupe, les questionnements qui traversent le Rock chez nous, ou qui l'on traversé. En effet tout au long du manga, Beck (le groupe) est opposé à un autre groupe, qui a signé chez une Major japonais, et qui est doté d'un producteur (assez véreux d'ailleurs). Ce groupe est adulé, célèbre, mais fait de la soupe. De l'autre côté, Beck galère, est signé chez un label underground mais s'éclate. Tout au long de l'histoire se pose donc en filigrane ce probléme : succomber à l'appel de la gloire ou rester droit dans ses bottes mais seul? L'éternel combat de l'underground contre le commercial. Un des obstacles qu'aura à surmonter Beck sera justement ce producteur qui sent bien qu'un groupe « vrai » peut beaucoup plus plaire qu'un groupe trop produit.
Beck, Harold Sakuishi, 22 volumes disponibles, Editions Delcourt
J'essaie la chronique littéraire, veuillez m'excuser par avance
Un jeu de mot pourri pour
commencer, tout ça pour vous dire que la chronique d'aujourd'hui va parler de Los Angeles. Enfin de Los Angeles, mais à travers un écrivain et son héros. Le héros s'appelle Harry Bosch, son
créateur Michael Connelly. Los Angeles parce que Bosch, qui est policier, y opère.
Michael Connelly est depuis que je l'ai découvert
un de mes écrivains favoris. Il est né en 1956, et a entamé une carrière de journaliste, en Floride puis au Los Angeles Time. Il a reçut le prix Pulitzer pour une série d'article sur les émeutes
de 1992 (c'est important, nous y reviendrons). Son héros, Hyéronimus Bosch, est un officier du LAPD (Los Angeles Police Department) à la carrière assez bringuebalante. Il passe de la Criminelle à
la section Homicide, au gré de différentes sanctions ou promotion. Les romans de Connelly sont noirs, Bosch n'est donc pas un héros apaisé. Sa mère était une prostituée, il est entre dans la
police après avoir été rat d'égout au Vietnam. Il arrive rarement à conserver une conquête féminine durant plus d'un volume de ces aventures. Mais c'est un très bon flic. Il est des romans où
l'on aimerait voir le méchant s'échapper. Avec Harry Bosch, ce n'est pas le cas. Il est confronté au plus pourri de ce qui grouille en notre bas-monde, on est donc de tout coeur avec lui. On
aurait même tendance à haïr tout ce qui se met en travers de son chemin : flics pourris, IGS trop zélée. Car un des problèmes récurrents de Bosch, ce sont ces ennuis avec les Affaires Internes
(la Police des Polices). C'est un flic de la vieille école, dans un monde qui évolue et ses méthodes gênent. Il n'hésite pas à flirter avec la ligne jaune pour arriver à ses fins. A la clé,
quelques suspensions et rétrogradations : et même si dans la vraie vie en tant que moi-même j'ai tendance à trouver l'action de l'IGS salutaire, grâce à Connelly j'arrive à les considérer comme
des salauds qui entravent le travail des vrais policiers.
Si il est clair que Connelly arrive à trousser de très bonnes affaires policières et qu'il a un talent certain pour le romain noir, un autre – et non des moindre- de ses talent est la manière dont il décrit Los Angeles, sa Police et les relations qu'elle entretient avec la justice : La misère sociale de la population noire, les ghettos, le prisons surchargées, les flics désabusés et alcooliques, les avocats aux dents longues.
Là où Connelly est très fort, c'est qu'il inscrit le LAPD de Bosch dans la réalité. Ainsi deux noms apparaissent comme deux épines dans le pied des flics de Los Angeles , tirés de deux affaires qui ont traumatisé le LAPD : Rodney King et OJ Simpson.
L'affaire Rodney King : jeune Noir passé à tabac par 4 policiers qui seront ensuite acquittés par un jury de Blancs. Cette affaire a provoqué les émeutes de 1992, qu'a suivi Connelly, et a jeté le discrédit sur le LAPD et son racisme. On sent assez bien dans les bouquins de Connelly que ça marqué pas mal de policiers, et que ça oblige les Affaires Internes à faire du zèle.
L'affaire OJ Simpson : ancien footballeur américain accusé d'avoir tué sa femme. Il fut acquitté lors de son premier premier cès grâce au travail de son équipe d'avocat, et à l'incompétence du procureur et au doute jeté sur le travail de l'enquêteur principal. C'est une constante dans les romans de Connelly, l'inimitié flagrante entre policiers et les avocats et procureurs. Les premiers accusant les second de sauter sur le moindre vice de forme pour faire acquitter leur client, les seconds accusant les premiers de falsifier les éléments de preuves pour obtenir des condamantions plus facilement.
Là est la dernière qualité des bouquins de Connelly. Il décrit à merveille les rouages judiciaires américains, et leurs dérapages : relations entre procureurs, juges, avocats, la manière de négocier les chefs d'accusation etc. Il semble qu'au USA, la majeure tache des avocats de la défense soit de batailler afin que les chefs d'accusation retenus soient le moins lourd possible pour leurs clients. Connelly a d'autres héros que Bosch, entre autres son demi-frère, Michael Haller, avocat de la défense que l'on retrouve dans La défense Lincoln. Cet avocat dit dans ce roman qu'au Etats-Unis, il est plus facile de défendre un coupable qu'un innocent, et que sa crainte est de ne pas un reconnaître un innocent le jour où il en aura un à defendre. C'est ce qui m'a le plus marqué dans tout ce que j'ai lu de Mickael Connelly.
Pour le découvrir :
-Les égouts de Los Angeles
-Glace Noire
-La défense Lincoln
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