Bon. J'ai bien peur que l'immonde bête gauchiste et iconoclaste qui sommeille au fond de moi n'ai besoin de se réveiller. J'ai bien peur que cette chronique soit brouillonne et les arguments bancals. J'ai bien peur que cette chronique ne plaise à grand monde. L'immonde bête en question en avait un peu marre de s'énerver tout le temps, elle se reposait donc. Il a suffit d'un match de foot et d'une certaine surenchère politique pour qu'elle n'éprouve le besoin de se s'exprimer à nouveau.
Mercredi soir de j'sais plus quand, Stade de France. Lieu mythique. Lieu de triomphe du concept de la France Black-Blanc-Beur. L'équipe de France de foot rencontre l'équipe de Tunisie, deux équipes naguère entrainées par l'inoubliable Roger Lemerre (c'est une mode, les sélectionneurs français ont des prénoms pourris). Se souvenant des incidents survenus lors de matchs contre le Maroc et l'Algérie, les instances du foot français avaient essayé de faire les choses comme il faut pour apaiser les esprits. Soit : Français et Tunisiens qui sortent ensemble des vestiaires, et joueurs mélangés pendant l'écoute des hymnes. De même, pour les hymnes, les joueurs et même l'arbitre sont tous côte à côte, et toujours un Tunisien à côté d'un Français. Côté hymne, c'est Lââm, artiste franco-tunisienne, qui entonne La Marseillaise, a capella. Et là, catastrophe : une partie des supporters tunisiens siffle notre bien-aimé hymne. Horreur, malheur!! Honte, désespoir, courroux!! Châtiment, crie la classe politique (de droite). Cette dernière (la classe politique) se déclare profondément choquée. De ci, de là, surgissent d'éventuelles solutions : évacuation de stade, interdiction de stade, arrêt du match. Ou, bien pire, arrestation de ces immondes criminels que sont les siffleurs d'hymnes. Et, encore pire, plus de match contre les pays du Maghreb (brrr les sales Arabes!!), ou alors chez eux, ou alors en Province (merci M. le secrétaire d'Etat pour cette charmante proposition). Sinon, il n'y a pas qu'à droite qu'on a des idées à la con : M. Bartolone propose de ne pas jouer les hymnes face à ceux qui « ne savent pas se tenir ». C'est à dire? Face aux indigènes, aux rastaquouères, aux pas-tout-à-fait-blanc, aux noirs-mais-pas-trop ou aux carrément-noirs??
Dans un premier temps, je pense qu'il faudrait dire un truc à notre exécutif-qui-balance-des-propositions-débiles : les spectateurs qui ont sifflé La Marseillaise sont pour la majorité Français. Le problème n'est donc pas tunisien, il est français. Et il n'est pas non plus sportif. Ce n'est pas une banale histoire de non fair-play. C'est en partie politique. Et en ce sens, ces sifflets me choquent moins qu'un buteur conspué pendant un match de rugby.
Ce n'est seulement qu'en partie politique car il y a, à mon sens, une part de jeu dans tout ça. Les Algériens, les Marocains, l'ont sifflé. Après tout, pourquoi ne pas montrer que les Tunisiens en ont aussi (dans le slip)? Mais là où ces sifflets sont débiles, c'est que les mecs qui ont sifflé reviendront surement au SDF pour supporter la France lors de son prochain match (contre l'Uruguay).
Une fois évacuée cette dimension là, reste quand même que ces sifflets évoquent un problème. La Marseillaise est un symbole, et siffler un symbole, ce n'est pas anodin. Problèmes d'intégration, chômage, politique sécuritaire, racisme, on peut trouver pas mal de raisons à ces lazzis. Ignorer ces problèmes pour se focaliser uniquement sur le symptôme et à mon sens une erreur de nos politiques. Et puis leurs solutions sont franchement risibles : interdiction de stade pour un sifflet? Interruption, évacuation?? On est de retour dans l'Ancien Régime?? Le crime de lèse-majesté est remis au goût du jour?
Pourquoi on n'aurait pas le droit de siffler un symbole? Quelqu'un a été tué? Siffler son hymne, c'est exprimer un avis. Cela relève de liberté d'expression. Je me contrefous de savoir que l'hymne a été conspué. Je n'ai pas besoin d'un hymne pour me sentir Français ou même être fier de l'être. Je pense que la France a suffisamment de passé, d'influence, pour ne pas se raccrocher à des des symboles insignifiant politiquement parlant, à notre époque tout du moins. Je sais ce que je dois à mon pays, je sais ce que ça veut dire d'être Français. Cela me suffit. Rien à foutre des symboles qui le représentent. Rien à foutre qu'on les conspue. Sans drapeau et sans hymne, la France existera toujours. Son histoire, sa culture aussi. Siffler un hymne, c'est une manière abstraite et indirecte de formuler une critique. Ce n'est pas une attaque directe contre notre République ou ces citoyens. Personne en personne n'est visée.
Et puis cet hymne ne me parle pas. Et en plus, il est laid. Trop rapide, militaire, pas émouvant. Pas de chair de poule. Pas de petite larme. Rien. Comparé à d'autres, il est vraiment, musicalement parlant, à chier. Écoutez plutôt Anfield Road chanter You'll never walk alone, l'écossais Flower of Scotland, le gallois Land of our fathers, ou bien l'irlandais Ireland's call. Ces hymnes arrivent à susciter l'émotion, la mélancolie, même chez les étrangers. Çà c'est un bon hymne.
Finalement, c'est amusant de constater comme les polémiques se répètent. Il y a 20 ans, tous les vieux barbons de la politique française s'était insurgés du détournement de La Marseillaise par Gainsbourg, ce dernier se faisant même péter la gueule par des paras. Ici, causes différentes, mais mêmes effets : on ne peut pas toucher à un symbole de la République.
Après les incidents qui se sont déroulés sur le site nucléaire du Tricastin, Showshoes a publié une réaction, et ma demandé d'y réagir, ce que je fais avec plaisir. Parce que si j'ai choisi d'évoluer dans le secteur nucléaire nucléaire et plus particulièrement dans la sureté, c'est justement pour connaître les risques réels de cette industrie, pouvoir me faire un avis juste, et partager ces connaissance.
L'uranium et la radioactivité
Pour commencer, la base, l'uranium et le radioactivité.
A l'état naturel, le minerai d'uranium est composé de trois isotopes : 234U (0,0054%), 238U (99,28%) et 235U (0,71%). Cet élément est dit radioactif, puisque ses isotopes se désintègrent en émettant des rayonnements. Leurs périodes d'activité sont très longues, et le plus radioactif des isotopes naturels est l'isotope 234 (il se désintègre plus vite, et est donc dégage plus de rayonnement, mais dans le même temps, sa quantité diminue plus vite que les autres isotopes) : plus un isotope est radioactif, plus sa quantité va être faible.
L'uranium naturel se trouve partout dans l'écorce terrestre et, à sa concentration dans cette écorce, n'est pas dangereux : sinon, comme je le disais dernièrement, les Bretons auraient déjà eu quelques problèmes. Il se trouve même dans l'eau, et les poissons s'en foutent (n'en déplaise à M. Gauffe).
Le principal danger (de ce minerai) vient donc de l'uranium enrichi que l'on utilise pour faire fonctionner les centrales nucléaires. L'isotope 235 est le seul élément fissile naturel. Mais, pour obtenir une réaction en chaîne susceptible d'alimenter un alternateur avec assez d'énergie pour produire de l'électricité, il faut enrichir l'uranium jusqu'à une de teneur de 3,5% en isotope 235. Cette teneur est obtenue par diffusion gazeuse ou membranaire. Cette opération est très couteuse en énergie, et nécessite la présence l'une tranche nucléaire dédiée.
Enfin, et pour commencer à répondre à la chronique de Jean-Pierre Gauffre, citée par showshoes : non il n'y a pas d'uranium gentil et d'uranium méchant. Non il n'y pas de nucléaire méchant et de nucléaire . Il y a un secteur nucléaire civil et un secteur nucléaire militaire. Il y a des différences d'enrichissement (95% en isotope 235 pour une bombe à l'uranium), il y a une situation historique qui a provoqué le lâché de bombes sur Hiroshima et Nagasaki, il y a une administration cacocochyme et des fonctionnaires peu formés qui ont conduit à l'accident de Tchernobyl. Mais faire porter la responsabilité de ces faits sur le secteur nucléaire actuel, c'est comme blâmer Sam Colt pour toutes les tueries de l'Histoire.
Dangers des rayons ionisants
Le principal effet de la radioactivité est la diffusion de rayons ionisants. Ce sont ces rayons qui sont nocifs pour la santé.
Tout d'abord, les voix d'exposition. Elles sont de deux types, interne ou externe. Dans le cas de l'irradiation externe, la source de l'exposition est à l'extérieur du corps, est l'irradiation dure un temps limité. Dans le cas de la contamination interne, la source est ingéré et peut s'y fixer indéfiniment.
Les effets des rayons sont de deux types : déterministes ou stochastique (aléatoires).
Effets déterministes
L'énergie dégagée par les rayonnements est absorbée par les cellules, provoquant la mort de celles-ci. Ces effets sont provoqués par des fortes doses, et ils sont généralement immédiats. Parmi les principaux effets déterministes, on peut citer la cataracte, les oedèmes ou la stérilité. Enfin, il existe un seuil pour l'apparition de ces effets, c'est à dire qu'en dessous d'une certaine dose, aucun effet n'est apparu.
Effets stochastiques
L'énergie dégagée par les rayonnements provoquent de légères lésions de l'ADN. Dans ce cas, deux solutions. Soit le corps répare de lui-même les lésions et aucuns effet néfaste ne va apparaître, soit la réparation est imparfaite, provoquant des mutations cellulaires, induisant ainsi des cancers ou des leucémies. Les effets sont tardifs (entre 4 et 10 ans) et aléatoires (en fonction de la réparation ou non des lésions de l'ADN). Dans le cas des effets stochastiques, ce n'est pas la gravité qui est fonction de la dose. Ce qui va en s'accroissant avec la dose est en effet la fréquence d'apparition du cancer.
Le nucléaire ne tue pas à tous les coups. Il ne tue pas « petit à petit », ou « lentement et surement ». Il me semble que c'est aussi manipuler la vérité de dire que le nucléaire tue insidieusement. La vérité biologique est seulement que le principal effet de l'absorption des rayons est l'apparition d'un nombre anormal de cancer. C'est peut-être cynique de dire ça, mais il me semble que médicalement parlant, un cancer ne signifie pas forcément la mort. De plus, lors du plus gros « accident » nucléaire de l'histoire, les deux bombes sur Hiroshima et Nagasaki, la majorité des victimes a été tué par le souffle de l'explosion. Une mort classique, en quelque sorte...
Pour continuer de répondre à la chronique de Jean-Pierre Gauffe : oui il peut y avoir des produits radioactifs dans la nature sans que ça soit dangereux. Oui on boit de l'uranium dans l'eau minéral sans en mourir. Oui, on traite même les champignons aux rayons X. Et, pour répéter ce que j'ai dit dans mon premier commentaire, l'industrie nucléaire n'est clairement pas le premier pourvoyeur en terme de dose (et d'où u'elle vienne, la dose, les effets sont les mêmes). L'exposition moyenne annuel d'un Français au rayonnements naturels (radon, rayonnement cosmique...) provoque une dose de 2,4 mSv alors que celle due à l'activité humaine provoque une dose de 1 mSv (dont plus de 90% due à l'exposition médicale). Un dernier chiffre : un scanner corps complet, par exemple, assure une irradiation comparable à l'irradiation naturelle reçue sur 3 ans...
Le problème du seuil
Un des problèmes liés aux effets des rayonnements est celui de leur seuil d'occurence. En effet, les effets stochastique n'ont jamais été observé en dessous d'une certaine dose? Or, comme leurs effets sont différés, on ne peut présager ou non de leur existence. C'est pourquoi les instances internationales ont décidé que la relation entre dose et probabilité d'occurence de cancer serait une relation linéaire sans seuil.
Et l'accident de la SOCATRI dans tout ça?
Une cuve a fuit. L'usine en question traite des flux en provenance des usines d'enrichissement d'Uranium, en vue de la fabrication de combustible civile. Le rejet ne comporte donc pas d'isotopes artificiels de l'uranium, mais uniquement de l'uranium de composition proche du naturel.
L'usine a donc outrepassé sa limite de rejet annuel. Soit. C'est une faute par rapport à la loi. Mais cela ne signifie pas à priori que cette fuite puisse avoir des répercussions biologiques dantesques. Dépasser un seuil ne va pas dire se retrouver automatiquement en situation de danger. C'est une précaution, en quelque sorte, pour pallier au manque de résultats dans ce domaine. Et d'autre part, le danger le plus important dans le cas de l'incident de Socatri n'est pas le risque radiologique, mais bien le risque toxique : l'U est un métal lourd, très dangereux pour les reins. Et pour un enrichissement inférieur à 6%, le risque radiologique est minoritaire pour l'uranium.
Quoi qu'il en soit scientifiquement parlant, il est certain que cet incident a révélé des disfonctionnements dans la gestion de crise des accidents nucléaire.
Pour reprendre ce que disait Showshoes, la fuite a commencé vers 23h le 7 juillet. Le temps de faire des mesures, le PUI (Plan d'Urgence Interne) radiologique est déclenché à 6h du matin le 8 juillet. En déclenchant le PUI, l'exploitant prévient le préfet, qui doit ensuite prévenir l'ASN. C'est ensuite à l'ASN de prévenir l'IRSN afin de gréer une cellule de crise. L'IRSN a été prévenu le 8 juillet à 14h30.
C'est ici que réside la mauvaise gestion, l'erreur de communication et tout ce que vous voulez...
Voilà, j'espère que ces quelques explications pourront être utiles à ceux qui les liront. Je n'ai pas cherché à me faire le défenseur des dysfonctionnements de l'industrie nucléaire. Je voulais juste faire part de ce que je sais et ai, en espérant faire avancer le débat.
EDIT : un avis que j'apprécie chez DirtyDeni
EDIT 2 : modification les doses citées (2,4 et 1 mSv) sont des doses annuelles moyennes.
.. Les patrons se font des couilles en Or (voire en platine platiné)!!
Vu sur le site de libé :
Les profits des patrons français ont augmenté de 58%, selon une étude de l'Expansion. Voilà le classement :
1. Pierre Verluca, Vallourec: 18,12 millions (+ 2312 %)
2. Gérard Mestrallet, Suez: 15,54 millions (+ 364 %)
3. Xavier Huillard, Vinci: 13,10 millions (+ 552 %)
4. Henri Proglio, Veolia Environnement: 7,33 millions (+ 207 %)
5. Henri de Castries, Axa: 5,53 millions (+ 22 %)
6. Jean-Bernard Lévy, Vivendi: 5,42 millions (+ 129 %)
7. Daniel Bouton Société générale: 5,24 millions (– 52 %)
8. Jean-Paul Agon, L’Oréal: 5,03 millions (+ 27 %)
Félicitations à M. Verluca, pour sa splendide augmentation... Et chose bizarre, M. Bouton a gagné moitié moins que l'année dernière. Sérieusement, je suis anéanti par de tels chiffres. Réfléchissons.
Les patrons sus-cités, ne doivent certainement pas leur augmentation à leur seul talent. Au mieux, ils la doivent aux mains agiles de leurs employés, au pire ils la doivent à de la spéculation. Le management n'y est absolument pour rien (ou presque). Donc, les ouvriers mériteraient surement une augmentation de cette ordre. Logique, non? Car il me semble que depuis une vingtaine d'années, le PIB de notre pays a augmenté sérieusement. Et les salaires, pendant ce temps? Walou ou presque. Ne serait donc t-il pas temps de s'intéresser à la répartition des revenus du travail, entre le capital et le travail, justement? Parce que si on ré-équilibre de manière plus juste les revenus générés par le travail, on élargit la masse salariale sans ruiner sérieusement nos chers patrons. Et qui dit augmentation de la masse salariale dit possibilité de d'augmentation des cotisations, de retraite par exemple. Et voilà une nouvelle voie de réflexion en dehors de l'allongement de la durée de cotisation pronée par nos dirigeants.
Et moi, ça me branche. Parce que bosser 45 ans, bof.
Sans alcool, la fête est moins folle
Il semblerait que nos hommes politiques n'aient rien à faire ces temps-ci. Ils n'ont tellement rien à faire de leur vie de parlementaire, que le seul sujet pour lequel ils s'indurgent est la suppression du numéro du département sur nos futurs plaques minéralogiques. En effet, notre systeme actuel est saturé, et, pour se conformer à des directives européennes, la forme des plaques va changer. Et donc, le numéro de département va disparaître. Enfin pas vraiment, puisqu'il pourra figurer de manière facultative.
Alors je l'avoue bien volontiers, ces plaques c'étaient pratique pour apprendre les départements lors des voyages familiaux Sens-Vendée, et tester le savoir parental (eux qui ont eu la chance d'apprendre ces départements à l'école). Mais bon, de là à en chier pendule doublée d'un chapeau, il y a pas. Surtout que dans le même temps, je voyais apparaître un sujet bigrement plus intéressant : l'hyper-hygiénisation de notre société.
En effet, notre chère ministre de la santé, l'hyper-maquillée Rosine Bachelot, a sorti de son chapeau tout un éventail de propositions afin de rémedier à un
énorme problème de société : la jeunesse boit. Notre jeunesse boit, donc, et c'est pas bien. Mesure envisagée pour faire cesser ce fléau : supprimer les Happy Hours dans les bars et
cafés (pour les associaux, l'Happy Hour c'est quand l'alcool coûte mons cher dans les bars, en général en début de soirée), et la vente de bouteilles dans les boîtes de nuit. Oui parce
que c'est évident, la majorité de l'alcool vendue en France l'est dans les débits de boisson et les établissements de nuit. Encore plus évident, les débits de boissons et les établissements de
nuit sont précisement les endroits où l'alcool coûte le moins cher...
Rétablissons quand même la vérité : 85% de l'alcool vendu l'est en grande surface. Et je sais pas pour vous, mais la dernière que j'ai été en boîte, la bouteille était vendue environ 100€. Quand à la pinte de bière, elle doit être aux alentours de 6-7€. Rappellons ensuite que la vodka de bas d'étagère de chez Carrouf' vaut à peu près ce prix là, et que pour 2€ de plus, vous pouvez devenir propriétaire d'une charmante valise Kr*****ourg. Et il me semble que la jeunesse n'est pas la population la lus riche de notre pays. Quant à l'idée selon laquelle les Happy Hours feraient consommer plus, et bien ces fameux Happy Hours ne représentent en général pas plus de 1% du chiffre d'affaires des tenanciers. Pas très beaucoup, pour quelque chose qui est censé faire sur-consommer.
S'attaquer à l'alcoolisme, très bien. Mais dans ce cas, faisons réellement. Car si il est très clair que se défoncer à la bière un samedi soir à 15 ans ce n'est pas très glorieux, voir dès 10h du mat' les poivrots accoudés aux comptoirs et débiter des petits blancs pas litre est tout aussi moche.
Comme il est plus facile de s'attaquer à la jeunesse qu'aux adultes, il est beaucoup plus facile de s'attaquer aux cafetiers qu'aux grandes surfaces (Michel-Edouard si tu me lis...). Car par exemple on pourrait commencer par leur faire respecter la législation existante. Cette législation stipule que les seuls alcools dont la vente est autorisée aux mineurs de plus de 16 ans sont le vin, la bière et quelques autres bricoles dont le cidre. Pour le reste, donc les alcools forts, la vente n'est autorisée qu'aux majeurs. Donc quand la ministre annonce qu'elle veut faire interdire la vente d'alcool aux mineurs la loi existe déjà, ou presque. Il suffirait juste qu'elle soit appliquée.
Et puis, sérieusement. Fumer, c'est pas bien. Manger, c'est pas bien. Boire ce ne sera bientôt plus bien. C'est quoi la prochaine cible? Le café?? La limonade?
Cette hyper-hygiénisation commence à devenir réellement détestable. Pour la cigarette, il y a le réel argument de la fumée et de l'odeur. Mais boire un coup, ça fait chier personne. Que l'état sensibilise aux dangers de l'excès, c'est son rôle. Mais interdire à tout crin, c'est excessif. De fait, l'état s'insère dans la sphère privée. Si j'ai envie de boire plus que de raison, c'est mon droit. C'est mon foie, ma vie, mon corps. Je ressens cette intrusion de la ministre comme une restriction de ma liberté. L'éducation à l'alcool doit se faire. Mais ce n'est pas à l'état de l'imposer. Certes les habitudes de boisson ont changé : on boit plus pour se défoncer qu'avant. Mais quand même, il y a aussi une notion de plaisir, de fête, de sociabilité, même. Une terrasse, du soleil, une pression, c'est génial. L'alcool peut aussi être bon. Et puis même, on a le droit d'avoir envie de décompresser, en s'en mettant une bonne.
Je rappellerais que pour Rabelais, l'éducation du corps à la bonne chair était aussi importante que l'éducation de l'esprit aux philosophes et aux penseurs (au contraire de ce crétin de Socrate qui considérait le corps comme une entité négligeable).
Parce qu'à ce rythme là, on va vivre vieux, mais on va s'emmerder! On s'attaque au plaisir, et c'est moche.
Lundi 24 mars 2008. Dans le temple d'Héra à Olympie, berceau des Jeux Antiques, la flamme olympique a été allumée et va commencer son périple qui la mènera jusqu'à Pékin. Pendant ce temps-là, à Pékin justement, Yang Chunlin est condamné à 5 ans de prison pour subversion. Son crime? Avoir diffusé sur le net une pétition demandant plus de liberté pour les Chinois. Cet incident arrive au moment où, suite à la situation au Tibet entre autres, se pose en Occident la question du traitement que l'on doit appliquer aux futurs Jeux Olympiques Chinois.
Il est à mon sens déjà outrageant que la Chine ai obtenu l'organisation de ces Jeux Olympiques. Il me semble que le sport (et l'olympisme en particulier) véhicule un cortège de valeurs qui ne sied pas à la Chine actuelle. L'argument qui disait que l'éclairage mondial causé par ces JO obligerait la Chine à faire des efforts dans le domaine des Droits de l'Homme se trouve contredit par la situation actuelle. La Chine n'a pas évolué : liberté d'expression bafouée, exécutions à la chaîne etc.
Mais puisque ces JO se tiendront bien en Chine, il faut donc étudier une manière de répondre aux agissements des dirigeants chinois. Et il est faux de clamer que sport et politique n'ont pas à cohabiter : l'histoire du sport est rempli de contre-exemples : le match USA-Iran de 1998, le boycott des JO de Moscou en 1980, Jesse Owens en 1936, Septembre Noir en 1972 ou Mexico en 1968/
S'il n'est certes pas question de demander aux athlètes de sacrifier un événement historique de leur carrière pour une question de politique, des actions fortes sont cependant possibles, tant du côté des officiels que du côté des sportifs. Le Prince Charles par exemple, a d'ors et déjà annoncé qu'il boycotterait la cérémonie d'ouverture. Steven Spielberg, qui était associé à la mise en scène de cette même cérémonie d'ouverture a quitté le projet en raison de la politique de la Chine au Soudan.
Pendant ce temps en France, politique de petit bras. Notre président, si prompt à dégainer lorsque Mme Royale empilait les gaffes sur la Muraille de Chine, n'a toujours pas réagi sur le sujet. Côté sportifs, le perchiste Romain Mesnil et le marcheur Yohann Diniz (soutenus par leur fédé) ont lancé l'idée que tous les Français portent à Pékin un ruban vert, synonyme d'espoir. Seul hic, toute initiative doit avoir l'aval du CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français), qui est une bande de vieux barbons peu encline à de telles sauvageries. Et il faut préciser que la charte de l'olympisme interdit toute manifestation d'ordre politique de la part des athlètes. Initiative en attente, donc.
Pour ma part, je pense que ces JO sont une formidable occasion de dénoncer le régime Chinois. En effet, les athlètes occidentaux sont intouchables. Un Chinois qui gueule, un coup de goumi et c'est fini. Mais qu'un vainqueur de 100 m ou autre défile avec un T-shirt ''Free Tibet'' ou ''Save Darfur'' et les autorités Chinoises sont pieds et points liés : tu ne peux pas matraquer Asafa Powell ou Roger Federer!! J'espère donc que pas mal d'athlètes responsables saisiront l'occasion de s'exprimer pour les millions de Chinois qui ne peuvent pas le faire. Et j'espère aussi que France Télévision, qui couvrira l'évènement pour nous, saura évoquer au cours de ces JO ce qui se passe dans ce pays quand nous n'y somme pas.
Pour finir, quand mon père a appris il y a sept ans que les JO auraient lieu en Chine, il a fait un splendide bras d'honneur au poste de radio et a déclaré qu'il ne regarderait rien de cette mascarade. Je n'ai pas encore décidé moi-même ce que j'allais faire. En effet, voir des athlètes aller au delà d'eux-mêmes c'est toujours émouvant, mais, d'un autre côté voir des Chinois rafler des médailles pour la gloire du Parti va avoir quelque chose d'assez répugnant. On verra, donc.
Cela faisait longtemps que je voulais écrire un article sur l'action de la gauche en 2007. Mais à la lumière de nouveaux éléments (la conférence de presse de
l'über-président entre autres), je me suis dit que j'allais plutôt écrire un bilan de l'action de la gauche et de la droite. Enfin, pour être précis, de la nonchalance de la gauche et du semblant
d'action de M. Sarkozy.
M. Sarkozy au pouvoir
Notre actuel président a bâti sa campagne sur deux idées fortes : la rupture et le respect de ses promesses. Force est de constater qu'il a presque tenu parole. En effet, niveau rupture, nous fûmes servis, et il a commencé à respecter ses engagements, même si les bénéfices que la majorité des Français vont en tirer sont loin d'être évident. A part ça, je ne vois vraiment pas comment je pourrais être satisfait du bilan des 6 premiers mois de présidence de M. Sarkozy. Je cherche... Je cherche encore... Je cherche mieux... Non, vraiment rien. Voyons une petite liste : le service minimum dans les transports, la réforme de la carte judiciaire, la loi de réforme de l'université, les tests ADN pour les immigrés, les quotas pour ces mêmes immigrés, le packet fiscal, réformes du code du travail et j'en oublie surement. Je ne vois que des réformes baclées, inutiles, mauvaises ou mal négociées, parfois et même souvent bricolées à la va-vite pour répondre à un fait divers. Voilà pour les promesses tenues.
Et la rupture? Elle se tient principalement dans la manière qu'a M. Sarkozy de vivre la présidence de la République. Elle tient en un seul mot : décomplexée. Decomplexée dans la manière qu'il a d'appréhender son amitié avec les grands argentiers de la France et de jouer avec le luxe, décomplexée dans la manière d'utiliser les thèmes de l'extrême droite pour arriver à ces fins, décomplexée dans la manière dont il traite les journalistes (« je vais vous dire que'que chose Mme CHabot », « Ecoutez M'sieur Joffrin »), décomplexée de vivre la fonction comme la vivrait une starlette, décomplexée dans la manière qu'il a d'offrir sa vie privée en pâture à chaque fois qu'un écueil politique se présente : sa famille pour l'investiture, le divorce pendant les grèves du mois de novembre, Carla Bruni après la venue de « cheveux sales » Khadafi, son mariage en ce moment.
Mais rassurons-nous, l'état de grâce se termine, et après 6 mois de présidence, le retour de bâton se profile.
Il avait promis d'être le président du pouvoir d'achat, et voilà qu'on est en train de se rendre compte que rien n'a été fait. Conséquence : baisse de popularité dans le sondages, et même plus, une majorité de Français juge enfin qu'il en fait trop dans l'étalage de sa vie. Il faut bien reconnaître qu'aller s'éclater en vacances en Egypte quand la majorité de ses compatriotes (ceux qui ne sont pas concernés par les remises d'impôte peut-être?) s'inquiète pour son futur ce n'est pas très intelligent. Et puis, je parlais de promesses électorales au début de cet article. Comparons par exemple le discours pré-électoral de M. Sarkozy au sujet des dictateurs à son action en tant que président. Le discours : en substance, ne pas sacrifier les droits de l'Homme aux contrats commerciaux. Le résultat : voyage en Chine sans la secrétaire aux droits de l'Homme, et venue en grande pompe du guide de la révolution lybienne. Un point d'achoppement : l'audio-visuel. Souvenons-nous, dans son programme figurait l'éventualité d'un coupure de publicité supplémentaire sur les chaînes publiques de télévisions. Lors de sa conférence de presse d'il y a deux jours, surprise, que propose-t-il? De supprimer la publicité sur les chaînes publiques et de financer celles-ci par une taxe sur lnternet et la téléphonie mobile. Etonnement chez les journalistes, cette idée figurait dans le programme d'une certaine... Ségolène Royal. Et enfin pour finir : une des phrases-choc, un gimmick du candidat Sarkozy était en 2006 : « je dis ce que je fais, je fais ce que je dis ». Principal visé, entre autres, feu François Mitterand qui avait érigé la dissimulation en sport d'état. Et aujourd'hui même, on apprend une chose surprenante. Nicolas Sarkozy a été hospitalisé une journée en octobre, après une angine mal soignée. Contrairement à ce qu'il avait annoncé durant la campagne (des bulletins de santé réguliers), personne n'en a été informé. Enfin, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent... Allez, plus que quatre ans à tenir.
Pendant ce temps là, à gauche
2007 ne fut pas une année terrible pour la gauche française, et spécialement pour le Parti Socialiste. Dans un premier temps, après une campagne assez mauvaise, il a perdu les élections présidentielles. Et, depuis qu'il est le principal partie d'opposition, il fait preuve d'une certaine nonchalance, dans l'opposition justement.
Un petit mot sur la campagne d'abord. Elle ne fut pas bonne. Problèmes de candidat(e), parti en désordre, etc. Un des problèmes de Ségolène Royal, à part sa voie niaise, son ton monotone et ennuyeux, son allure guindée en interviews, ses intonations et certaines de ses idées débiles, était qu'elle était pour une partie de l'électorat de droite modérée comme une sorte de repoussoir (en partie à cause des défauts précédemment cités). De plus, Mme Royal a voulu construire sa campagne sans l'aide des éléphants et donc du parti se privant par la même occasion d'une certaine expérience.
Elle ne s'est semble-t-il réveillé que lors du débat contre M. Sarkozy, ce qui n'a pas suffit à épargner à la gauche une nouvelle défaite.
Il faut reconnaître ensuite que le président Sarkozy a su bien faire pour désarçonner la gauche avant même de commencer à gouverner, en constituant son fameux gouvernement d'ouverture. En introduisant dans ledit gouvernement des personnalités marquées à gauche, il a semblé sapé la légitimité d'un parti d'opposition, en donnant l'impression qu'il prenait en compte les opinions de l'autre camp pour gouverner. Mais en réalité, Kouchner, Besson et les autres ne sont pas là pour apporter leurs idées, mais simplement pour être des collaborateurs (= potiches), de la même manière que les autres ministres, et même le premier d'entre eux.
Mais par la suite, lorsque l'UMP a commencé à gouverner, le PS a laissé passé de grandes occasions de monter et montrer un projet d'envergure pour contrer celui de M. Sarkozy. On en l'a pas entendu pendant la grève sur les régimes spéciaux proposer sa vision du futur régime retraite. On ne l'a pas entendu sur la LRU, proposer un ambitieux projet pour résoudre les problèmes d'échec à la fac, améliorer l'orientation, revaloriser les filières techniques et professionnels et soutenir un service public fort de l'enseignement. On ne l'a pas non plus beaucoup entendu sur les franchises médicales, ou sur la manière cavalière qu'a eu Mme Dati d'imposer sa réforme de la carte judiciaire. On ne l'a pas non plus entendu sur le projet loi concernant l'immigration, les test ADN mis à part. Il y avait d'autres choses à dénoncer et le PS n'a pas fait son travail.
Pourquoi? Car les Socialistes sont bien plus occupés à essayer de choisir 4 ans avant celui ou celle (pour l'instant j'espère celui) qui aura l'insigne honneur de se reprendre une branlée face à Sarkozy (ou pire, M. Horteufeu). Le parti est en miette, n'a plus vraiment de chef, de ligne directrice, de dogme, rien. Mais les éléphants préfèrent se déchirer pour sa voir qui sera le chef plutôt que de résoudre les problèmes qui vont les mener inexorablement et malheureusement vers une nouvelle défaite. Ils feraient mieux de se réunir à huis clos, de se déchirer, s'engueuler, voir de fonder deux partis distincts, et ensuite de ressortir de ce débat interne avec un réel projet et une ligne directrice. Il sera temps ensuite de se choisir un chef. Voire même, s'ils étaient assez intelligent, de se partager les responsabilités : un ténor prend les rênes du Parti, et construit la base pendant que l'autre se préserve pour l'élection. Mais point de tout cela. Ségolène Royal veut tout : le Parti, la candidature et la branlée. Ca sera sans moi la prochaine fois.
Allez, c'est reparti comme en 14... Une étincelle en banlieu (ici Villiers-le-Bel), et c'est le prétexte à une flambée de violence. Remember 2005... Là encore, c'est la mort de deux jeunes qui a mis le feu au poudre. Là encore, on a voulu conclure l'enquête avant qu'elle ne soit finie, donnant l'impression que le tort est toujours du côté des jeunes. Là encore, on a brûlé force voitures, bibliothèques et commissariats de police. Ona aussi blessé une centaine de policiers, certains assez gravement. Cela, c'est assez nouveau : des armes à feu sont apparues dans les mains les jeunes. Je sais bien que ce ne sont que des policiers, mais ils n'ont pas signé que pour faire tirer dessus...
Maintenant, polémiquons... La responsabilité individuelle des callaisseurs de flics-incendieur de commissariat et de voitures est indéniable. Tirer à la grenaille et au plomb sur quelqu'un et à plus forte raison un policier, ça n'arrangera certainement pas le problèmes des cités. De même, incendier la voiture du voisin, les écoles et les bibliothèques, c'est profondément couillon. Le summum de la sombre connerie reste quand même le caillassage des pompiers. Cependant fermer les yeux sur ce que ça montre serait tout aussi coupable. Certains jeunes ont la rage, et qu'ils n'ont que ce moyen pour l'exprimer. Pourquoi la rage? Les problèmes de ces banlieues ne sont pas neufs. Il y a 20 ans les chanteurs se faisaient déjà l'écho des problèmes de la deuxième génération d'immigrés:
Renaud, deuxième génération (1983):
Le triclo, la colle à rustine
C'est vrai qu' des fois, ça fout la gerbe
Mais pour le prix, c'est c' qu'on fait d' mieux
Et puis ça nettoie les narines
J'ai rien à gagner rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d' merde
J'aime c' qu'est cassé c'est détruit
J'aime surtout tout c' qu'y vous fait peur
La douleur et la nuit
Des fois j' me dis qu'à trois milles bornes
De ma cité y'a un pays
Que j' connaîtrai sûrement jamais
Que p' t-être c'est mieux qu' p't-être c'est tant pis
Qu' là-bas aussi j' serai étranger
Qu' là-bas non plus je serai personne
Francis Cabrel, Saïd et Mohammed, (1983) :
Ces enfants qui font rien à l'école,
Et qui ont les poches pleines de tubes de colle,
Et de toute façon personne ne t'aide,
Quand tu t'appelles Saïd ou Mohamed.
C'est le ciel en tôle ondulée pour toujours,
C'est la fenêtre sur la troisième cour,
C'est le cri des voisines plein les oreilles,
Et les heures de mauvais sommeil.
Mais s'il y a quelqu'un autour qui comprend
Le mauvais français, le musulman,
Sous la course des planètes,
Ça serait bien qu'il s'inquiète
Avant que ses paupières n'explosent,
Qu'elles prennent ce gris en overdose.
Malgré l'arrivée de la gauche, la situation ne s'améliore pas dans les banlieues. Le film La Haine, sorti en 1993, présente une vision assez noire de la banlieue. Il montre l'ennui général qui règne dans ces quartiers, où il n'y a strictement rien à faire, il met en avant les problèmes flics-jeunes. Le début de ce film est d'ailleurs assez effarant de réalisme lorsqu'on le voit à travers le prisme des émeutes de 2005 : une bavure de policiers, un jeune tué, la banlieue qui s'embrase, voitures cassées, locaux incendiés. En 2000, c'est le rappeur Passi qui se fait la voix du climat peu apaisé des banlieues, dans le morceau Emeute :
Dans la rue l'humeur est sale " C'est rien c'est rien "
De la rue monte les rumeurs " Ca va pas bien loin "
Si les casques bleus caltent " C'est rien c'est rien "
Si c'est chaud sur l'asphalte " c'est rien c'est rien "
On passe tes barricades, on pète tes barrières
On a la barre on déraisonne et on ne craint plus personne
Toi t'appelles les renforts, la rage nous rend fort
Sonne ta retraite c'est ton heure qui sonne
Insensible aux propagandes des mecs qui glandent
Ceux-ci bandent hélas et veulent tout péter en bande
Comme dans un James Bond ou un Banderas
Là t'as pas de télécommande donc on te nique ta " Shut... "
En force on fout le désordre " C'est rien c'est rien "
Pour toi on a une corde " C'est rien c'est rien "
Tu nous verras à l'antenne déraciner ton chêne
On va changer les programmes sur ta 1ère chaîne
Si ça pue et qu'ils le sentent " C'est rien c'est rien "
Si la tension est oppressante " Ca va pas bien loin "
Si y a plus de respect plus de cadet plus de gradé
Et que de tous vos conseils on en a rien à péter
On va tout dégrader la banque va sauter la boulangerie d'à côté
On fout le feu chez le voisin histoire de se venger
S'il y a des vitres cassées " C'est rien c'est rien "
Si on vient tout piller " Ca va pas bien loin "
Et si le Maire s'est sauvé " C'est rien c'est rien "
Et même s'il y a l'armée, " C'est rien c'est rien "
S'il y a des jets de pavés, des comas, des hématomes et des blessés
Des décès, si ton pays est stressé
S'il y a le feu au village s'il y a le feu dans la ville
Si tu vois saigner les civils, si ça tire dans l'entourage
C'est juste une nuit d'émeutes où le diable jubile
Deux jours aux infos, après on est tranquille
Là encore, le parallèle avec les émeutes de 2005 est assez saisissant.
Si la responsabilité des casseurs ne peut être niée, l'état doit assurer sa part de responsabilité, dans le sens où il est en partie responsable de la rage qui habite la population des cités : les problèmes sont connus et dénoncés depuis plus de 20 ans et pourtant, on a l'impression que rien n'avance. Mais la droite n'est pas la seule à blamer. Quoique... La police de proximité mise en place par la gouvernement Jospin a été supprimée par le Sarkozy ministre de l'Intérieur au prétexe que ces résultats n'étaient pas assez probant. Le même ministre qui envoie le préfet de police deToulouse dans une voie de garage parce que les policiers organisaient des parties de foot avec les jeunes du Mirail au lieu de faire du chiffre.
En 2005 quelles étaient les problèmes dénoncés par les collectifs tel AC le feu : chomage des jeunes, désengagement de l'état, problèmes avec la Police. Et depuis, rien n'a changé (en même temps, c'est normal, ce sont les mêmes personnes qui gouvernent). L'état est le seul responsable de cet immobilisme. Il donne l'impression d'abandonner ces territoires, d'en faire des ghettos économiques. Son action est lente voire inexistante.Le climat entre jeunes et policiers ne s'est pas amélioré : les jeunes sont toujours contrôlés 10 fois par jour. On a l'impression que l'état n'est présent dans les cités que pour la répression. Les aides promises en 2006 se font toujours attendre, les liaisons entre Paris et la banlieue ne se sont pas améliorées et la méfiance à l'égart de l'état s'est donc accrue : les banlieues restent des enclaves plus ou moins isolées. Les rumeurs circulent et alimentent le climat de défiance.. Il y enfin le problème de la misère sociale qui règne dans certaines de ces banlieues. Prenons Villiers-le-Bel par exemple : 65% de la population a moins de 25 ans, et le taux de chomage est de 20%, le double de la moyenne nationale. Dans ces quartiers, 39.5% des jeunes actifs sont au chomages, contre 20% dans le reste de la population française. La discrimination à l'égard des habitants est encore trop présente : la banlieue c'est forcement l'insécurité, la violence et la délinquance. Et malheureusement les élus locaux sont assez impuissants : certaines commune de la banlieue parisienne sont parmi les plus pauvres de France. Pas d'instrustries implantées sur la commune, c'est donc pas de revenu pour la mairie, donc pas d'amélioration des conditions de vie. Et augmenter les impots n'est pas possible.
Un des aspects saississant de ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel est l'incendie de l'école et de la bibliothèque. Cela prouve que l'école a manqué son objectif. L'école devrait être l'endroit qui permet au jeunes de sortir de leur condition. Mais ils ne la voient plus comme un lieu d'intégration mais comme un endroit qui leur rappelle encore plus leurs échecs, et là d'où ils viennent. Là encore, l'Etat a échoué dans son oeuvre d'intégration. Et je ne crois pas beaucoup en notre gouvernement actuel pour améliorer les choses.
Pour finir, parlons des couillons (pour ne pas dire plus) qui peuplent aussi le reste de la France. Un des
jeunes tués avait un blog, laissé ouvert pour recueillir des condoléances. Ca été l'occasion pour une bande de trous de balle néo-nazis de pourrir cet endroit réservé au recueillement.
Bravo...
Je ne pense pas que ces deux jeunes méritaient ça. Moushin et Larami, RIP.
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