en souvenir de Tonton.

Publié le par PieRRe

 

J'ai la chance d'être né dans un pays de gauche. 1984. Je n'ai donc pas de grands souvenirs réels des années Mitterrand. Il y a d'abord sa vision par Renaud (je m'appelle Renaud, je suis chanteur énervant, et je soutiens la candidature de François Mitterrand). Il y a, beaucoup plus tard, le souvenir des larmes de ma maman, le 31 décembre 1994 :

 

Mes chers compatriotes, c'est la dernière fois que

je m'adresse à vous pour des voeux de nouvelle année

en ma qualité de Président de la République [...].

Là où je serai, je l'écouterai le coeur plein de reconnaissance

pour le peuple français qui m'aura si longtemps

confié son destin et plein d'espoir en vous.

 

Il y a eu ensuite 1996, quand je rentre du collège le jour ou Mitterrand est mort. Les larmes, de ma maman, toujours, et ses obsèques à la télévision.Il y aura plus tard les images d'archives de la marche vers le Panthéon, de Badinter à l'Assemblée.

Cette émotion qu'on eu mes parents pour Mitterrand m'a toujours frappé. Je crois que pour eux, qui avaient eu 20 ans dans les années 70, la victoire de la gauche en 1981 signifiait beaucoup. Beaucoup plus qu'elle ne pourra jamais plus signifier. C'était l'espoir. L'Espoir, même. Par ricochet, cette vague d'espoir m'a marqué.

 

Je n'ai grand souvenir de cet époque. Et pourtant, la célébration du 30ème anniversaire de cette élection représente beaucoup pour le -jeune- homme de gauche que je suis. Le rappel d'une époque où l'espoir était grand. Et réalisable. 30 ans de politique sont passés depuis et j'ai l'impression que l'espoir ne sera plus jamais aussi pur. Aussi grand. J'ai l'impression que même si la Gauche l'emporte un jour, on n'en attendra rien, ou alors beaucoup moins que ce qu'annonçait l'élection de François Mitterrand. Quelque chose est cassé. Aucune politique ne porte plus cet espoir. 

 

 

Alors je célèbre cet anniversaire en pensant que décidément, c'est encore un grand évènement que j'ai raté. 

 

 


 


Publié dans Moi

Commenter cet article

La fameuse maman de Pierre 11/05/2011 16:49


Un homme, une rose à la main, a ouvert le chemin, c'est indéfinissable...Et trente ans plus tard la maman pleurait toujours en regardant hier soir sur son PC toutes ces images de l'INA : la
Bastille, le Panthéon..A chaque époque ses grandes espérances . Merci pour ton article.