« Vous croyez que j'ai que ça à faire? » Ca c'est notre mère qui gueule. Et pourquoi elle gueule? Parce qu'on est dimanche. Et parce qu'après dimanche, vient le lundi. Et que le lundi, c'est jour de ménage à l'étage (vous avez vu la rime??). Et que présentement nos deux chambres (à mon frère et moi) ressemblement plus à l'appart de Guic' ou à Gaza après le passage de Tsahal qu'à un espace près à être aspiré. Or comme cela fait à peu près 2 jours qu'elle nous dit de ranger notre chambre, elle commence à avoir les abeilles. Et pour mettre un peu plus la pression, notre père déclare que si dans 10 minutes un seul truc traîne sur le parquet, il le balance par le Vélux. Or donc, quel est l'objet de tant d'ire? De vieux bouts de plastique, tout simplement. Des Playmobil. Sur, sous le lit (avec le slip planqué), partout. Plein de Playmobil.
Là, les deux lecteurs qui me restent se demandent pourquoi un paragraphe dédié à ces bonzommes en
plastique (oui je suis au courant, je fais une faute). Tout simplement parce que leur inventeur, Hans
Beck, est mort. Et que du coup, c'est encore une partie de l'enfance qui se fait la malle. Les Playmobil ont meublé une grande partie de nos jeux de gosses. Cow-boys et Indiens,
coureurs automobiles, fermiers, chevaliers, châteaux forts, ces machins tout con en plastoc ont fait beaucoup fait pour notre imagination, notre sens de l'invention et notre éveil, surement
beaucoup beaucoup plus que les plaisirs informatiques et électroniques que nous avons découvert après. Et puis surtout, ce sont pleins de souvenirs géniaux d'histoires inventées, de bagarres liés
au rangement, et d'engueulades parentales. Un vrai bout d'enfance, en quelque sorte. Un bout d'enfance qui se barre (une deuxième fois, puisque les Playmobil sont dans les
cartons).
Alors voilà, c'est triste.
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