Hygiène, hygiène...

Publié le par PieRRe

Sans alcool, la fête est moins folle

 

Il semblerait que nos hommes politiques n'aient rien à faire ces temps-ci. Ils n'ont tellement rien à faire de leur vie de parlementaire, que le seul sujet pour lequel ils s'indurgent est la suppression du numéro du département sur nos futurs plaques minéralogiques. En effet, notre systeme actuel est saturé, et, pour se conformer à des directives européennes, la forme des plaques va changer. Et donc, le numéro de département va disparaître. Enfin pas vraiment, puisqu'il pourra figurer de manière facultative.

Alors je l'avoue bien volontiers, ces plaques c'étaient pratique pour apprendre les départements lors des voyages familiaux Sens-Vendée, et tester le savoir parental (eux qui ont eu la chance d'apprendre ces départements à l'école). Mais bon, de là à en chier pendule doublée d'un chapeau, il y a pas. Surtout que dans le même temps, je voyais apparaître un sujet bigrement plus intéressant : l'hyper-hygiénisation de notre société.

 

En effet, notre chère ministre de la santé, l'hyper-maquillée Rosine Bachelot, a sorti de son chapeau tout un éventail de propositions afin de rémedier à un énorme problème de société : la jeunesse boit. Notre jeunesse boit, donc, et c'est pas bien. Mesure envisagée pour faire cesser ce fléau : supprimer les Happy Hours dans les bars et cafés (pour les associaux, l'Happy Hour c'est quand l'alcool coûte mons cher dans les bars, en général en début de soirée), et la vente de bouteilles dans les boîtes de nuit. Oui parce que c'est évident, la majorité de l'alcool vendue en France l'est dans les débits de boisson et les établissements de nuit. Encore plus évident, les débits de boissons et les établissements de nuit sont précisement les endroits où l'alcool coûte le moins cher...

Rétablissons quand même la vérité : 85% de l'alcool vendu l'est en grande surface. Et je sais pas pour vous, mais la dernière que j'ai été en boîte, la bouteille était vendue environ 100€. Quand à la pinte de bière, elle doit être aux alentours de 6-7€. Rappellons ensuite que la vodka de bas d'étagère de chez Carrouf' vaut à peu près ce prix là, et que pour 2€ de plus, vous pouvez devenir propriétaire d'une charmante valise Kr*****ourg. Et il me semble que la jeunesse n'est pas la population la lus riche de notre pays. Quant à l'idée selon laquelle les Happy Hours feraient consommer plus, et bien ces fameux Happy Hours ne représentent en général pas plus de 1% du chiffre d'affaires des tenanciers. Pas très beaucoup, pour quelque chose qui est censé faire sur-consommer.

S'attaquer à l'alcoolisme, très bien. Mais dans ce cas, faisons réellement. Car si il est très clair que se défoncer à la bière un samedi soir à 15 ans ce n'est pas très glorieux, voir dès 10h du mat' les poivrots accoudés aux comptoirs et débiter des petits blancs pas litre est tout aussi moche.

Comme il est plus facile de s'attaquer à la jeunesse qu'aux adultes, il est beaucoup plus facile de s'attaquer aux cafetiers qu'aux grandes surfaces (Michel-Edouard si tu me lis...). Car par exemple on pourrait commencer par leur faire respecter la législation existante. Cette législation stipule que les seuls alcools dont la vente est autorisée aux mineurs de plus de 16 ans sont le vin, la bière et quelques autres bricoles dont le cidre. Pour le reste, donc les alcools forts, la vente n'est autorisée qu'aux majeurs. Donc quand la ministre annonce qu'elle veut faire interdire la vente d'alcool aux mineurs la loi existe déjà, ou presque. Il suffirait juste qu'elle soit appliquée.

 

Et puis, sérieusement. Fumer, c'est pas bien. Manger, c'est pas bien. Boire ce ne sera bientôt plus bien. C'est quoi la prochaine cible? Le café?? La limonade?

Cette hyper-hygiénisation commence à devenir réellement détestable. Pour la cigarette, il y a le réel argument de la fumée et de l'odeur. Mais boire un coup, ça fait chier personne. Que l'état sensibilise aux dangers de l'excès, c'est son rôle. Mais interdire à tout crin, c'est excessif. De fait, l'état s'insère dans la sphère privée. Si j'ai envie de boire plus que de raison, c'est mon droit. C'est mon foie, ma vie, mon corps. Je ressens cette intrusion de la ministre comme une restriction de ma liberté. L'éducation à l'alcool doit se faire. Mais ce n'est pas à l'état de l'imposer. Certes les habitudes de boisson ont changé : on boit plus pour se défoncer qu'avant. Mais quand même, il y a aussi une notion de plaisir, de fête, de sociabilité, même. Une terrasse, du soleil, une pression, c'est génial. L'alcool peut aussi être bon. Et puis même, on a le droit d'avoir envie de décompresser, en s'en mettant une bonne.

Je rappellerais que pour Rabelais, l'éducation du corps à la bonne chair était aussi importante que l'éducation de l'esprit aux philosophes et aux penseurs (au contraire de ce crétin de Socrate qui considérait le corps comme une entité négligeable).

 

Parce qu'à ce rythme là, on va vivre vieux, mais on va s'emmerder! On s'attaque au plaisir, et c'est moche.

 

 

Publié dans Politique

Commenter cet article

jerM 27/05/2008 09:54

Bien d'accord avec toi, même s'il faut limiter les excès à tout âge, mais un excès de temps en temps est nécessaire pour ne pas péter les plombs. Il vaut peut-être mieux se mettre la tête à l'envers une fois de temps en temps, qu'être constamment agressif, suicidaire ou déprimé...

Et sinon, je tenais à ajouter que ces marionnettes de politiques font sciemment l'impasse sur la pollution domestique, qu'elle provienne de la peinture ou de l'amiante de nos murs, de la bouffe industrielle accommodée à la sauce E141, E256 et j'en passe, de la bouffe ultra-grasse vendue dans les restau rapides que l'on fait descendre à grandes gorgées de sucre dissout dans l'eau légèrement aromatisées d'un arôme artificiel quelconque (encore un E...), des roduits d'entretien gonflés aux solvants et aux vapeurs de surfactant ioniques (ou l'inverse j'en sais rien j'suis pas chimiste ^^ arf). Car tout ça c'est aussi une forme de pollution de nos corps, ce sont des risques supplémentaires de choper un cancer ou autre maladie pseudo-incurable (pseudo, car il reste quand même la possibilité de payer le prix pour les soigner, qui est d'ingérer des quantités faramineuses de molécules de synthèses, que d'aucuns nomment les médicaments...).

La boucle est bouclée, on vous rend malade pour mieux pouvoir vous soigner.

Eh bien personnellement, j'évite de faire rentrer dans mon corps trop de molécules de synthèses sous quelque forme que ce soit, médoc ou produit alimentaire, et pour compenser et ne pas être trop sain, je profite de temps en temps de molécules psychotropes parfaitement naturelles. Et aussi de quelques bières ou vodka jus-de-fruitées, car c'est pas dégueu, et l'homme est quand même fait pour exploiter au mieux ses cinq sens et...
son cerveau, surtout.

Restez actifs.