Dies Irae VI - Il était une autruche...

Publié le par PieRRe



Bon.

Ca fait très longtemps que je ne me suis pas énervé contre un quelconque de mes semblables. Enfin je dis semblable, mais il faut dire que d'habitude, mon ire est plutôt dirigé vers la classe politique que vers les bas mortels que nous sommes. Aujourd'hui ne dérogera donc pas à la règle. Au menu, donc : la politique de l'über-président, et l'homme que je déteste le plus en ce moment : le triste sieur Michel-Edouard Leclerc (que j'ai un jour cotoyé au cinéma, je me repent, j'ai honte, je me flagèle, et tout et tout).


So, M. Sarkozy. Au menu de ma colère, tout d'abord, la réforme de l'ANPE. Mais si, vous savez bien : au bout de 2 refus d'offres raisonnables, sanctions financières. Offres raisonnables, mais qu'est ce que cela est donc t-il? Et bien, en toute simplicité, c'est un poste à 2h allez-retour de votre domicile et rémunéré au minimum à 70% de votre dernier job. Etonnich, nein?

Pour moi, ce projet pose plein de problèmes. Dans un premier temps, cela va avoir plomber l'emploi des jeunes. Car si on considère qu'un quart d'une rémunération est dûe à l'expérience, cette loi éventuelle pourrait permettre aux recruteurs d'embaucher des vieux (donc expérimentés) aux prix d'un jeune. Pourquoi ce faire chier à embaucher un jeune, à le former, dans ce cas?

Dans un second temps, c'est une menace pour le marché du travail en entier. Je m'explique. Mettons nous dans la tête d'un recruteur. En face de lui, un mec (ou autre) , qui change de poste, et qui demande une rémunération, mettons de X€. A compétences égales, ce recruteur pourrait proposer à un mec (ou autre) au chomage, une rémunération à hauteur de 0.7X. Donc cette loi risque fort de provoquer une baisse de la rémunération globale, puisque pour pouvoir lutter à armes égales, un mec (ou autre) devra demander la même chose qu'un chomeur pour pouvoir espérer une embauche. Réjouissant... Et puis n'oublions pas de taper sur les vieux.+++

Enfin, revenons sur les 2h de trajet aller-retour. En région parisienne, rien de plus normal. Mais à la campagne, 1h de route, c'est 80 bornes. 80 bornes, au prix du pétrole, ça fait cher du nouveau taf...

Au menu de ma colère, suite : le comportement du président. La semaine dernière, entrevue télévisée, en compagnie de quelques mises en valeurs journalistiques. Au menu de cette prestation, bien évidemment, quelques questions sur le mouvement des sans-papiers de la restauration-BTP-nettoyage-boulot de merde que les Français font pas. Et que répond-il? « ce n'est pas parce qu'on travaille dans un restaurant, aussi sympathique soit-il, qu'on mérite d'être Français. »(de mémoire, je ne garantis pas la forme, juste le fond). Déjà, ces propos sont abjects. Faire figurer côte à côte l'idée de mérite et l'idée de nationalité, moche. Et, surtout, ces propos sont à côté de la plaque. Car les sans-papiers sus-cités ne demandent pas la nationalisation, mais la régularisation. Ils ne veulent pas devenir Français, ils veulent juste pouvoir travailler. C'est différent. Et jouer sur la corde nationalité, donc inconsciemment « invasion », n'est pas très honnête. N'est pas très honnête, non plus et à mon sens, son propos sur les conséquences d'un régularisation de masse. Pour le président, cela ferait le jeu des méchants passeurs qui font leur beurre sur le dos de pauvres africains qui veulent passer dans notre beau, riche et tolérant pays. Sauf que, précisement, à chaque fois que j'entends parler d'un étranger hors la loi bouté hors de France, il ne s'agit pas de quelqu'un entré sur notre territoire sur le dos d'un passeur. Il s'agit pour la plupart des cas de gens dont les cartes de séjour n'ont pas été renouvellé après expiration. Où qu'y sont les méchants passeurs??



Pour continuer, je vous propose un voyage. Décollons tout de suite pour un petit pays fort charmant, où les élections sont un échec lorsque le président est élu avec 98% des voix. Bienvenue en Tunisie. Enfin Tunisie-la-réelle.Pas Djerba, cette enclave occidentale où les Européens blafards viennent bronzer pépère (et mémère) en ne voyant rien de la misère d'en face. Non. Un pays où les journalistes sont entaulés, le web surveillé, et n'importe quelle action soumise au bon vouloir du président Ben Ali. Ben Ali justement, que notre président vient voir, pour lui fourguer 3 Airbus, 2 centrales et un demi litre de lait. Et en cet honneur, une autruche. La Tunisie serait donc un pays magnifique, où les droits de l'homme sont respectés et le président un homme de valeur. Sarkozy fait le camelot, ne surtout pas décevoir le futur sigantaire de contrats. Notre président ne voudrait donc pas s'ériger en donneur de leçons, et fait ainsi un immense doigt d'honneur à toutes les associations de défense des libertés de la presse, et des droits de l'Homme en général (et, au passage, une nouvelle couleuvre pour Rama Yade). La seule note positive qu'on peut retenir du régime tunisien, c'est qu'il est laïque. Ce n'est donc pas demain qu'on verra un poil de cul de barbe de mollah Omar à Tunis, mais c'est bien maigre comme consolation. M. Sarkozy n'est donc vraiment pas le président des droits de l'Homme (pas plus qu'il n'est celui du pouvoir d'achat).


So, fin de la première partie. L'ire continue plus bas et plus tard. Mais je sais pas vous, mais écrire ça fait un p***** de bien...

Publié dans Dies Irae

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