2007's End -III- : Res Publica

Publié le par PieRRe

       
        Cela faisait longtemps que je voulais écrire un article sur l'action de la gauche en 2007. Mais à la lumière de nouveaux éléments (la conférence de presse de l'über-président entre autres), je me suis dit que j'allais plutôt écrire un bilan de l'action de la gauche et de la droite. Enfin, pour être précis, de la nonchalance de la gauche et du semblant d'action de M. Sarkozy.

 

 

M. Sarkozy au pouvoir

 

        Notre actuel président a bâti sa campagne sur deux idées fortes : la rupture et le respect de ses promesses. Force est de constater qu'il a presque tenu parole. En effet, niveau rupture, nous fûmes servis, et il a commencé à respecter ses engagements, même si les bénéfices que la majorité des Français vont en tirer sont loin d'être évident. A part ça, je ne vois vraiment pas comment je pourrais être satisfait du bilan des 6 premiers mois de présidence de M. Sarkozy. Je cherche... Je cherche encore... Je cherche mieux... Non, vraiment rien. Voyons une petite liste : le service minimum dans les transports, la réforme de la carte judiciaire, la loi de réforme de l'université, les tests ADN pour les immigrés, les quotas pour ces mêmes immigrés, le packet fiscal, réformes du code du travail et j'en oublie surement. Je ne vois que des réformes baclées, inutiles, mauvaises ou mal négociées, parfois et même souvent bricolées à la va-vite pour répondre à un fait divers. Voilà pour les promesses tenues.

 

Et la rupture? Elle se tient principalement dans la manière qu'a M. Sarkozy de vivre la présidence de la République. Elle tient en un seul mot : décomplexée. Decomplexée dans la manière qu'il a d'appréhender son amitié avec les grands argentiers de la France et de jouer avec le luxe, décomplexée dans la manière d'utiliser les thèmes de l'extrême droite pour arriver à ces fins, décomplexée dans la manière dont il traite les journalistes (« je vais vous dire que'que chose Mme CHabot », « Ecoutez M'sieur Joffrin »), décomplexée de vivre la fonction comme la vivrait une starlette, décomplexée dans la manière qu'il a d'offrir sa vie privée en pâture à chaque fois qu'un écueil politique se présente : sa famille pour l'investiture, le divorce pendant les grèves du mois de novembre, Carla Bruni après la venue de « cheveux sales » Khadafi, son mariage en ce moment.

 

Mais rassurons-nous, l'état de grâce se termine, et après 6 mois de présidence, le retour de bâton se profile.

Il avait promis d'être le président du pouvoir d'achat, et voilà qu'on est en train de se rendre compte que rien n'a été fait. Conséquence : baisse de popularité dans le sondages, et même plus, une majorité de Français juge enfin qu'il en fait trop dans l'étalage de sa vie. Il faut bien reconnaître qu'aller s'éclater en vacances en Egypte quand la majorité de ses compatriotes (ceux qui ne sont pas concernés par les remises d'impôte peut-être?) s'inquiète pour son futur ce n'est pas très intelligent. Et puis, je parlais de promesses électorales au début de cet article. Comparons par exemple le discours pré-électoral de M. Sarkozy au sujet des dictateurs à son action en tant que président. Le discours : en substance, ne pas sacrifier les droits de l'Homme aux contrats commerciaux. Le résultat : voyage en Chine sans la secrétaire aux droits de l'Homme, et venue en grande pompe du guide de la révolution lybienne. Un point d'achoppement : l'audio-visuel. Souvenons-nous, dans son programme figurait l'éventualité d'un coupure de publicité supplémentaire sur les chaînes publiques de télévisions. Lors de sa conférence de presse d'il y a deux jours, surprise, que propose-t-il? De supprimer la publicité sur les chaînes publiques et de financer celles-ci par une taxe sur lnternet et la téléphonie mobile. Etonnement chez les journalistes, cette idée figurait dans le programme d'une certaine... Ségolène Royal. Et enfin pour finir : une des phrases-choc, un gimmick du candidat Sarkozy était en 2006 : « je dis ce que je fais, je fais ce que je dis ». Principal visé, entre autres, feu François Mitterand qui avait érigé la dissimulation en sport d'état. Et aujourd'hui même, on apprend une chose surprenante. Nicolas Sarkozy a été hospitalisé une journée en octobre, après une angine mal soignée. Contrairement à ce qu'il avait annoncé durant la campagne (des bulletins de santé réguliers), personne n'en a été informé. Enfin, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent... Allez, plus que quatre ans à tenir.

 

 

Pendant ce temps là, à gauche

 

 

        2007 ne fut pas une année terrible pour la gauche française, et spécialement pour le Parti Socialiste. Dans un premier temps, après une campagne assez mauvaise, il a perdu les élections présidentielles. Et, depuis qu'il est le principal partie d'opposition, il fait preuve d'une certaine nonchalance, dans l'opposition justement.

 

Un petit mot sur la campagne d'abord. Elle ne fut pas bonne. Problèmes de candidat(e), parti en désordre, etc. Un des problèmes de Ségolène Royal, à part sa voie niaise, son ton monotone et ennuyeux, son allure guindée en interviews, ses intonations et certaines de ses idées débiles, était qu'elle était pour une partie de l'électorat de droite modérée comme une sorte de repoussoir (en partie à cause des défauts précédemment cités). De plus, Mme Royal a voulu construire sa campagne sans l'aide des éléphants et donc du parti se privant par la même occasion d'une certaine expérience.

Elle ne s'est semble-t-il réveillé que lors du débat contre M. Sarkozy, ce qui n'a pas suffit à épargner à la gauche une nouvelle défaite.

 

Il faut reconnaître ensuite que le président Sarkozy a su bien faire pour désarçonner la gauche avant même de commencer à gouverner, en constituant son fameux gouvernement d'ouverture. En introduisant dans ledit gouvernement des personnalités marquées à gauche, il a semblé sapé la légitimité d'un parti d'opposition, en donnant l'impression qu'il prenait en compte les opinions de l'autre camp pour gouverner. Mais en réalité, Kouchner, Besson et les autres ne sont pas là pour apporter leurs idées, mais simplement pour être des collaborateurs (= potiches), de la même manière que les autres ministres, et même le premier d'entre eux.

 

Mais par la suite, lorsque l'UMP a commencé à gouverner, le PS a laissé passé de grandes occasions de monter et montrer un projet d'envergure pour contrer celui de M. Sarkozy. On en l'a pas entendu pendant la grève sur les régimes spéciaux proposer sa vision du futur régime retraite. On ne l'a pas entendu sur la LRU, proposer un ambitieux projet pour résoudre les problèmes d'échec à la fac, améliorer l'orientation, revaloriser les filières techniques et professionnels et soutenir un service public fort de l'enseignement. On ne l'a pas non plus beaucoup entendu sur les franchises médicales, ou sur la manière cavalière qu'a eu Mme Dati d'imposer sa réforme de la carte judiciaire. On ne l'a pas non plus entendu sur le projet loi concernant l'immigration, les test ADN mis à part. Il y avait d'autres choses à dénoncer et le PS n'a pas fait son travail.

 

Pourquoi? Car les Socialistes sont bien plus occupés à essayer de choisir 4 ans avant celui ou celle (pour l'instant j'espère celui) qui aura l'insigne honneur de se reprendre une branlée face à Sarkozy (ou pire, M. Horteufeu). Le parti est en miette, n'a plus vraiment de chef, de ligne directrice, de dogme, rien. Mais les éléphants préfèrent se déchirer pour sa voir qui sera le chef plutôt que de résoudre les problèmes qui vont les mener inexorablement et malheureusement vers une nouvelle défaite. Ils feraient mieux de se réunir à huis clos, de se déchirer, s'engueuler, voir de fonder deux partis distincts, et ensuite de ressortir de ce débat interne avec un réel projet et une ligne directrice. Il sera temps ensuite de se choisir un chef. Voire même, s'ils étaient assez intelligent, de se partager les responsabilités : un ténor prend les rênes du Parti, et construit la base pendant que l'autre se préserve pour l'élection. Mais point de tout cela. Ségolène Royal veut tout : le Parti, la candidature et la branlée. Ca sera sans moi la prochaine fois.

Publié dans Politique

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