Reprendrez-vous un peu d'Os-en-Gelée?

Publié le par PieRRe

J'essaie la chronique littéraire, veuillez m'excuser par avance


       Un jeu de mot pourri pour commencer, tout ça pour vous dire que la chronique d'aujourd'hui va parler de Los Angeles. Enfin de Los Angeles, mais à travers un écrivain et son héros. Le héros s'appelle Harry Bosch, son créateur Michael Connelly. Los Angeles parce que Bosch, qui est policier, y opère.

 

connelly.jpgMichael Connelly est depuis que je l'ai découvert un de mes écrivains favoris. Il est né en 1956, et a entamé une carrière de journaliste, en Floride puis au Los Angeles Time. Il a reçut le prix Pulitzer pour une série d'article sur les émeutes de 1992 (c'est important, nous y reviendrons). Son héros, Hyéronimus Bosch, est un officier du LAPD (Los Angeles Police Department) à la carrière assez bringuebalante. Il passe de la Criminelle à la section Homicide, au gré de différentes sanctions ou promotion. Les romans de Connelly sont noirs, Bosch n'est donc pas un héros apaisé. Sa mère était une prostituée, il est entre dans la police après avoir été rat d'égout au Vietnam. Il arrive rarement à conserver une conquête féminine durant plus d'un volume de ces aventures. Mais c'est un très bon flic. Il est des romans où l'on aimerait voir le méchant s'échapper. Avec Harry Bosch, ce n'est pas le cas. Il est confronté au plus pourri de ce qui grouille en notre bas-monde, on est donc de tout coeur avec lui. On aurait même tendance à haïr tout ce qui se met en travers de son chemin : flics pourris, IGS trop zélée. Car un des problèmes récurrents de Bosch, ce sont ces ennuis avec les Affaires Internes (la Police des Polices). C'est un flic de la vieille école, dans un monde qui évolue et ses méthodes gênent. Il n'hésite pas à flirter avec la ligne jaune pour arriver à ses fins. A la clé, quelques suspensions et rétrogradations : et même si dans la vraie vie en tant que moi-même j'ai tendance à trouver l'action de l'IGS salutaire, grâce à Connelly j'arrive à les considérer comme des salauds qui entravent le travail des vrais policiers.

 

Si il est clair que Connelly arrive à trousser de très bonnes affaires policières et qu'il a un talent certain pour le romain noir, un autre – et non des moindre- de ses talent est la manière dont il décrit Los Angeles, sa Police et les relations qu'elle entretient avec la justice : La misère sociale de la population noire, les ghettos, le prisons surchargées, les flics désabusés et alcooliques, les avocats aux dents longues.

Là où Connelly est très fort, c'est qu'il inscrit le LAPD de Bosch dans la réalité. Ainsi deux noms apparaissent comme deux épines dans le pied des flics de Los Angeles , tirés de deux affaires qui ont traumatisé le LAPD : Rodney King et OJ Simpson.

L'affaire Rodney King : jeune Noir passé à tabac par 4 policiers qui seront ensuite acquittés par un jury de Blancs. Cette affaire a provoqué les émeutes de 1992, qu'a suivi Connelly, et a jeté le discrédit sur le LAPD et son racisme. On sent assez bien dans les bouquins de Connelly que ça marqué pas mal de policiers, et que ça oblige les Affaires Internes à faire du zèle.

L'affaire OJ Simpson : ancien footballeur américain accusé d'avoir tué sa femme. Il fut acquitté lors de son premier premier cès grâce au travail de son équipe d'avocat, et à l'incompétence du procureur et au doute jeté sur le travail de l'enquêteur principal. C'est une constante dans les romans de Connelly, l'inimitié flagrante entre policiers et les avocats et procureurs. Les premiers accusant les second de sauter sur le moindre vice de forme pour faire acquitter leur client, les seconds accusant les premiers de falsifier les éléments de preuves pour obtenir des condamantions plus facilement.

Là est la dernière qualité des bouquins de Connelly. Il décrit à merveille les rouages judiciaires américains, et leurs dérapages : relations entre procureurs, juges, avocats, la manière de négocier les chefs d'accusation etc. Il semble qu'au USA, la majeure tache des avocats de la défense soit de batailler afin que les chefs d'accusation retenus soient le moins lourd possible pour leurs clients. Connelly a d'autres héros que Bosch, entre autres son demi-frère, Michael Haller, avocat de la défense que l'on retrouve dans La défense Lincoln. Cet avocat dit dans ce roman qu'au Etats-Unis, il est plus facile de défendre un coupable qu'un innocent, et que sa crainte est de ne pas un reconnaître un innocent le jour où il en aura un à defendre. C'est ce qui m'a le plus marqué dans tout ce que j'ai lu de Mickael Connelly.

 

Pour le découvrir :

 

-Les égouts de Los Angeles

-Glace Noire

-La défense Lincoln

 

Publié dans Lectures

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Commenter cet article

dasola 29/05/2009 16:19

Bonjour, moi aussi j'aime beaucoup les romans de Michael Connelly et en particulier un des ses personnages récurrents: Harry Bosch (comme le peintre). Comme Michael Mann qui sait si bien filmer L.A., Connelly connaît bien la Cité des Anges (j'aime cette ville). Bonne après-midi.

l'hystérique 14/02/2008 19:10

Connelly, il est très fort ! Si tu veux, j'ai des bouquins dans ce style, je peux te retrouver les références.

Thom 12/12/2007 23:55

J'aime bien connais. Juste bien, je l'aimais beaucoup à ses débuts mais les derniers mon tous déçu sans exception (à part justement "Lincoln", enfin il y a en a deux ou trois très médiocre qui sont sortis depuis aux USA).

Ce premier livre reste un de ses meilleurs, par contre "Glace Noir", j'avais pas trop aimé. Je conseillerais plutôt (mais bon, c'est très subjectif) "Le cadavre dans la rolls" ou "Le dernier coyote" (et pour un sans Bosch, "Le Poète"). Et tu noteras mon effort pour mettre les titres en français, pour une fois ;-)

PieRRe 13/12/2007 00:51

je crois que il n'y a qu'Echo Park que je n'ai pas lu.  Mais c'est vrai que le schéma est assez classique. Un peu comme ce qu'est (devenu) Grisham. En fait j'ai lu tous les premiers il y a plusieurs années, et là je suis en train de les acheter dans l'ordre (sauf Lincoln que j'ai acheté par hasard), ce qui m'a donnée l'idée de la chronique. Et pour l'instant je me suis arrêté au cadavre dans la Rolls. Le dernier Coyote c'est le prochain que j'achète. J'ai beaucoup aimé le poète, mais comme je l'ai pas encore relu, je l'ai pas cité. Le dernier truc que j'aime bien chez connelly, c'est le crossover des persos : Haller demi frère de Bosch, Le poète, et même Cassie Black qu'on retrouve dans une des aventures de Bosch.Tu lis tout en VO?