2011, année de l'innovation? Pour bien commencer, on parle de séries chez Pyrox =)
Ce sont deux séries qui n'ont pas grand chose en commun. D'accord ce sont deux Cop-Show. OK, je les ai
découvert par hasard, pour meubler l'attente. Entre deux épisodes d'une vraie série... Fringe ou Sons Of Anarchy, surement. OK encore, ce sont deux shows classiques qui s'amusent avec des codes
communs et des personnages attendus.
Mais à part ça, rien en commun. De toute façon, entre Hawaii, le soleil et le surf, et Detroit, la pluie, les ruines et la criminalité, pas grand chose de
commun.
Enfin... Detroit et Hawaii ont failli connaître le même destin : la corbeille. Parce qu'après deux ou trois épisodes, j'étais pas franchement emballé.
Finalement, on y retourne. Et on découvre au fil des épisodes, là une touche d'humour, là des personnages qui s'étoffent, là une intrigue qui commence à avoir de la gueule.
Et on devient fan de Hawaii Five-0 et Detroit 187.
Hawaii, donc. Le soleil, le surf, les biatches, tout ça. Débarque là-dedans un bô-gosse Navy Seal, qui revient au pays pour venger son père ex-flic buté par un pas-beau-terroriste.
Le Navy Seal, c'est Steve McGarrett (Alex O'Loughlin), fils du old McGarrett, ancienne tête d'affiche du Hawaii five-0 (Hawai police d'Etat
chez nous) original.
McGarrett va croiser un flic expatrié du New Jersey (il porte une cravate à Hawaii, le fou), un ex-flic local pote du papa mort, et la (jolie) cousine dudit
flic. Ces quatre là vont former le Hawaii five-0, unité d'élite au service du gouverneur pour endiguer la criminalité sur l'île.
Il est clair que les créateurs (Alex Kurtzman et Roberto Orci, qui ont à leur palmarès le flippant Fringe) n'ont pas construit le début de la saison sur la
qualité des intrigues. C'est certes exotique, mais assez bidon. Le début tient essentiellement grâce à Scott Caan (le fils de...). Le parachutage
d'un flic de Newark à Hawaii permet de jouer d'un avec les codes de l'île, et de deux avec les codes du buddy-movie (puisque les 2 partenaires commencent par se mettre des beignes). Si le côté je
t'aime/moi non plus est assez attendu, le jeu sur l'étranger qui débarque permet d'amener une touche continuelle d'humour qui est assez agréable.
Scott Caan (et sa
cravate)
Puis, à mesure que la saison avance, les personnages se construisent et s'étoffent. Et l'intrigue se resserre sur ce qui semblait être son point
central : la mort du Papa McGarrett. A partir du premier épisode de la deuxième moitié de saison, on sent que ça pourrait embrayer sur quelque chose de vraiment intéressant. Cela permettrait
peut-être au show de passer de divertissant et bien fait (les scènes de tatane sont un régal) à un truc plus coté. A suivre !
Bon. Maintenant on prend l'avion, direction Detroit (quoi ? Qui a dit naaaan dans la salle?)
Quand on regarde Detroit-187, on est frappé par trois choses : la galeries de flics, la ville et la BO.
Les intrigues ? Des classiques du Cop-show, avec cependant une innovation : deux affaires distinctes par épisode. Ca n'a pas la profondeur
de Blue Bloods ou la construction de The Wire, mais ça se tient.
Reste le plus important : les flics. Sept officiers de la brigade criminelle (Homicides en VO) de Detroit. Sept portraits caricaturaux (le
rookie, le bô-gosse, l'immigrée cubaine, l'indien célibataire endurci, l'ermite, le presque-à-la-retraite et le lieutenant-à-la-vie-de-famille-compliquée), qui permettent à l'humour
d'avoir voix dans la série, et qui vont évoluer et prendre de l'épaisseur à mesure que la saison avance. C'est la réussite de Detroit-187 : faire d'une série classique sur des flics une
galerie de personnages finalement très amusante et dramatique, via deux phares : le det. Fitch (Michael Imperioli) et le Sgt.
Longford (James McDaniel).
Fitch et le Rookie
Le premier est l'ermite : abrupte, passé qu'on soupçonne brumeux, mais très bon flic. Il va se révéler humain, sympathique et touchant à mesure que sa
relation avec son nouveau partenaire (le rookie) évolue et qu'on commence à cerner son passé.
Le second est à 6 mois de la retraite, et est le fils d'un des premier flic black de Detroit. C'est une mémoire vivante sur la ville et il porte en lui toute
ce que Detroit a eu de glorieux puis de désastreux. A ce titre, l'épisode Shelter (#10) est à voir absolument. A travers un cold case, on le voit retracer la vie d'un quartier
noir, avant qu'il ne brûle et ne soit laissé à l'abandon.
Car c'est de ça aussi dont il est question... Detroit. Ville jadis rayonnante de l'industrie automobile mais ville marquée par le racisme, la pauvreté et des
émeutes à la fin des années 60. C'est une ville en ruine que sillonne les flics de la Criminelle. Une ville en proie au chomage, à la crise industrielle et immobilière, une ville remplie
d'immeubles vides et/ou détruits.
Pour l'habiller, il reste son héritage musical glorieux. Les enquêtes de Fitch, Longford & Co sont truffées de pépites musicales : Gil Scott-Heron,
écurie Motown, hip-hop (Mos Def, Blakroc...) et blues.
Cet habillage musical contribue fortement à l'ambiance finalement particulière qui fait le sel de Detroit-187.
Après un début difficile, cette série s'annonce, à mon sens comme une bonne surprise de 2010 et donc de 2011.
Et avant de partir, Sly and the Family Stone :
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