Il est des sujets sur lesquels je n'ai pas les compétences pour parler, mais vu que celui là, je travaille dedands, autant en profiter.
Tout d'abord, rappel des faits. Lundi soir s'est produit sur le site nucléaire de Tricastin un rejet accidentel de matière radioactive, polluant ainsi le sol, un canal adjacent et deux rivières. Ce rejet concerne 30 m3 de solution d'uranium non-naturel (c'est à dire que sa composition est légèrement différent de l'uranium que l'on trouve dans la nature) à 12 g/L, ce qui équivaut à un rejet de 360 kg d'uranium.
« Le nucléaire est dangereux et sale » (Sortir du Nucléaire). Oui monsieur. Le pétrole c'est sale aussi. Et l'industrie du papier. Et pire. Se rouler dans la boue, c'est sale aussi. Et il paraît aussi que mettre le même pantalon 3 semaines de suite, c'est sale (enfin c'est ce que dit ma môman).
Sérieusement, ce genre de propos ne rîme à rien. Le « seul » risque qui diffère l'industrie nucléaire des autres industries, c'est l'exposition aux rayons ionisants. Et en parlant de rayons, sait-il, M. Sortir du Nucléaire, que l'exposition à ces rayons n'est majoritairement pas dûe à l'industrie nucléaire? Sait-il que l'exposition est majoritairement dûe aux rayons cosmiques, aux voyages en avion, et à l'imagerie médicale? Oui. Je parie qu'il le sait. Mais cibler Areva est plus facile et plus pratique pour son combat que cibler les médecins qui n'avertisent pas correctement des dangers de la radiographie (par exemple).
Mon intention n'est nullement de minimiser les répercussion d'un accident nucléaire, quel qu'il soit. Mais la meilleure façon de gérer cet éventuel problème est de faire place à un débat débarassé de toute mauvaise foi.
Ainsi : « Il est en effet impossible qu'un tel rejet, contenant de l'uranium, n'ait pas de conséquences importantes sur l'environnement et peut-être sur la santé des riverains » (encore Sortir du Nucléaire). Si c'est possible. Ce sont certes 360 kg d'uranium qui se sont retrouvés là où ils n'auraient pas dû, mais, ils ne sont pas retrouvés directement dans le jardin du pékin moyen d'en face, ou dans la tronche de la carpe qui sommeillait tranquillement dans le cours d'eau tranquille qui constitue son habitat naturel, ce qui eût été problématique pour le péquin et la carpe en question. Non. La solution a été diluée par les cours d'eau, et donc sa toxicité diminuée (mais étendue géographiquement, certes). En terme de radiotoxicité, tout est affaire de seuil. De l'uranium peut très bien avoir été déversé, et après dilution, la dose qui en résulte être inférieure au seuil de danger, voir au seuil de dose annuelle prescrit par les autorités internationales. Radioactif ne veut pas forcément pas dire dangereux. Le granit est radioactif, et pourtant il reste encore des Bretons (et ils ont des chapeaux ronds). Les champignons sont traités radioctivement contre les méchantes bébêtes qui les attaquent, et pourtant, je suis toujours debout (j'adoooore les champignons).
Un accident nucléaire est certes arrivé, mais ce n'est pas la peine d'invoquer le spectre de Tchernobyl, on nous ment, on nous spolie, et on va tous mourir. 30 m3 d'uranium, ce n'est pas un coeur qui fond.
Et puis, pour finir avec les ONG, la palme à Greenpeace : « on trouve toute la panoplie de l'uranium : enrichi, usé, de retraitement, sous forme de gaz ou de poudre ». de l'uranium usé, je ne sais pas ce que c'est. Le combustible usé, oui, je connais. Mais l'uranium usé, non. Ensuite je pense que Greenpeace a remarqué, l'uranium était sous forme liquide. Donc pas de poudre, et pas de gaz non plus.
Pour conclure, voilà le point où je voulais arriver. Oui l'industrie nucléaire est une industrie qui présente un risque particulier. Oui il est nécessaire de réfléchir à comment s'en passer, pour éliminer ce risque spécifique. Pour cela, deux voies : l'amélioration des réacteurs, et l'augmentation progressive de l'utilisation d'autres vecteurs énergétiques. C'est pour cette dernière voie qu'on a besoin d'ONG indépendantes. Mais, à faire des déclaration simili-scientifiques, tronquées, exagérées ou fausses, elles dévalorisent leur combat. Et, pire en jouant avec la peur et l'ignorance des gens, elles pourrissent le débat, en se posant en unique barrière contre le méchant looby nucléaire (qui a aussi une énorme part de résponsabilité dans la vision actuelle qu'on a du secteur.
S'il est clair que d'autres voies sont possible en dehors du tout-nucléaire, il est encore plus clair qu'à l'heure actuelle, ces voies ne sont pas encore complètement défrichées. La voie actuelle qu'ont choisies ces ONG est donc vaine.




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